Fabiana Figueiredo
Le pouvoir, les damnés de la terre.
São Paulo, 1998-2001, Calabre, Palestine, France 2002-2003
Je suis née en 1964, l’année du coup d’état militaire qui renversa le gouvernement démocratique de João Goulart. J’ai grandi dans la dictature, dont la propagande s’est insinuée dans tout le corps social et a abouti à la castration mentale et politique de toute la nation. Les Etats-Unis étaient l’inspirateur. TV GLOBO assume dés 1965, le rôle de principal opérateur de ce passage de la population dans la société du spectacle et du mensonge.
Le Rock et la poésie marginale m’ont amenée à la photographie à l’age de 18 ans. Au début des années 90, j’ai rencontré Nair Benedicto, personnage emblématique de l’histoire politique et de l’histoire de la photographie brésilienne. Elle fut fondatrice de la célèbre et pionnière agence F4 (1979) et du Mois de la Photo de São Paulo(1991). Cette rencontre fut fondamentale pour ma formation de photojournaliste .
Ma première démarche élaborée d’auteur fut d’interroger la question du pouvoir. La dictature avait rendu les riches encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres. L’étouffement de toute perspective de réforme agraire a eu pour résultat l’émigration massive des populations rurales du Nordeste qui ne trouvaient plus comment vivre dans les zones semi désertiques. Le résultat a été la croissance hallucinante des favelas intriquées dans les grandes villes. Elles sont devenues des zones de non droit propices aux organisations criminelles. Le pouvoir recourt à la violence policière qui ne resoud rien sur le fond, et mène une véritable guerre, avec des dommages énormes pour les populations. L’oligarchie campe sur ses positions protégées qui lui permettent de continuer à se donner en spectacle donc à consommer : São Paulo représente un énorme marché pour Ferrari , les hélicoptères et les cameras de surveillance ont envahi la ville.
Dés que je suis arrivée en Palestine, j’ai été surprise par la ressemblance physique des paysages urbains et des conditions de vie avec le Brésil. Les camps de réfugiés oû la population palestinienne s’entasse dans un minimum d’espace m’ont rappelé les favelas. Les colonies israéliennes ont aussi beaucoup à voir avec les condominiums fermés, fortifiés, qui font un gros succès au Brésil.
.
Emigrée en Europe en 2001, j’ai été attentive au sort population émigrée. Le peuple des banlieues est suspect, ce préjugé autorise toute les discriminations La police fait la chasse à des personnes issues de populations désarticulées par des conflits sans fin et des situations impossibles à vivre. Populations qui ont rêvé des droits de l’homme, de paix et de prospérité. Cela m’a rappelé mes grands parents migrant de Calabre au Brésil en 1923.
Ma photographie est nourrie de toutes ces observations. Le pouvoir par exemple, ne permet aucune vraie relation humaine. Mon approche s’articule à ce spectacle de la superficialité. Ma rencontre des damnés de la terre est très différente, j’ai partagé des repas, des expériences…. J’ai préféré des portraits très proches, le vieux dispositif frontal et les petits objets qui participent de ces histories. J’essaie de garder toute mon humanité
La forme pour moi est plus une question d’éthique que d’esthétique. Elle doit faire sens et transmettre des idées, des valeurs.
veronica222 said on 5/15/08 11:50 AM …
Olha esses segredos galera no http://www.segredovirtual.com/, estão mto dahora!!!